Arabia 2034: acuerdo nuclear trastocado por Israel
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Arabie 2034 : accord nucléaire chamboulé par liens avec Israël

Moins de 24 heures après avoir signé un accord civil sur le nucléaire avec l’Arabie saoudite, le président Trump a déclaré sur les réseaux sociaux que l’accord est « totalement conditionné » à l’adhésion du royaume aux Accords d’Abraham, une condition qu’aucun des deux gouvernements n’avait évoquée lors de la signature. L’épisode a mis l’accord en doute et illustre à quel point la diplomatie du Golfe dépend encore des positions fluctuantes de dirigeants individuels, une question directement liée aux préparatifs de l’Arabie saoudite pour accueillir la Coupe du monde 2034.

Le président Donald Trump a posé jeudi une nouvelle condition à l’accord civil nucléaire États‑Unis–Arabie saoudite, un jour après l’avoir approuvé formellement, affirmant que le royaume doit désormais rejoindre les Accords d’Abraham et normaliser ses relations avec Israël, rapporte CNN. Trump a écrit sur un réseau social que l’accord

« sera approuvé, mais est totalement conditionné à l’adhésion de l’Arabie saoudite aux très respectés et réussis Accords d’Abraham »,

tout en niant que l’accord autoriserait l’enrichissement d’uranium, contredisant des informations antérieures sur ses termes. La porte‑parole de la Maison‑Blanche, Karoline Leavitt, a dit aux journalistes que si les Saoudiens ne joignent pas les accords, « l’accord est annulé », selon The Hill, alors que ni le département américain de l’Énergie ni le gouvernement saoudien n’avaient évoqué une telle condition lors de l’annonce mercredi.

Un accord renversé par un post sur les réseaux sociaux

CNN rapporte que le message de jeudi de Trump a été publié sans avertissement préalable aux dirigeants saoudiens, et que le président était apparemment déjà contrarié que le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, ait annoncé l’accord sans l’en informer. Cette contrariété a été accentuée, selon CNN, par une vague de critiques d’experts en non‑prolifération et de commentateurs conservateurs après la publication des termes. PBS et l’Associated Press ont indiqué que l’accord pourrait néanmoins permettre la construction d’une installation d’enrichissement d’uranium en Arabie saoudite après une étude conjointe entre Washington et Riyad, et qu’il n’inclut pas le protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui autoriserait un contrôle et des inspections plus étendus.

La Maison‑Blanche : l’Arabie saoudite doit rejoindre les Accords d’Abraham

NPR a rapporté que la porte‑parole Karoline Leavitt a déclaré que Trump n’avait pas discuté avec la direction saoudienne avant de publier la nouvelle condition, bien qu’il ait auparavant évoqué l’importance d’adhérer aux Accords d’Abraham auprès d’alliés du Golfe et arabes. Leavitt a indiqué que l’administration poursuivrait les pourparlers avec ses homologues saoudiens dans l’espoir de finaliser l’accord et de voir le royaume rejoindre les accords « très bientôt ».

Une condition ancienne que Trump aurait apparemment abandonnée

CNN a indiqué que la normalisation avec Israël avait historiquement été une condition de la coopération nucléaire américaine avec l’Arabie saoudite, approche qui tenait encore sous l’administration Biden, selon une source familière du dossier. Cette source a dit à CNN que la condition était devenue intenable pour Riyad après la réponse d’Israël à l’attaque du 7 octobre 2023 par le Hamas. Des reportages séparés de Reuters avaient suggéré que l’administration Trump s’était ensuite éloignée du lien entre les deux dossiers, faisant du revirement de jeudi un retour à une position que Washington aurait précédemment abandonnée.

L’Arabie saoudite réplique en coulisses

The Times of Israel rapporte que la position de longue date de l’Arabie saoudite est de ne pas rejoindre les Accords d’Abraham sans une voie claire vers un État palestinien — position refusée par le gouvernement israélien actuel. Le journal indique que l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire sur le message de Trump, mais que la journaliste Laura Rozen a cité une source saoudienne anonyme affirmant que l’accord avait déjà été signé et qu’il n’y avait rien à renégocier, ajoutant que des publications sur les réseaux sociaux ne renversent pas des accords signés.

Législateurs et experts s’interrogent sur la portée de l’accord

The Hill rapporte qu’Andrea Stricker, directrice adjointe du programme de non‑prolifération à la Foundation for Defense of Democracies, a déclaré que les commentaires de Trump pourraient involontairement aider à retarder l’accord, puisque celui‑ci a déjà été signé et que l’Arabie saoudite doit désormais décider si elle souhaite normaliser ses relations avec Israël. Le député démocrate Brad Sherman, de Californie, a déclaré à The Hill qu’il ne pouvait pas affirmer avec certitude si l’accord civil sur le nucléaire était désormais nul en l’absence de l’adhésion de l’Arabie saoudite aux Accords d’Abraham. NPR a cité Steven Cook, chercheur principal pour les études du Moyen‑Orient au Council on Foreign Relations, se demandant si un post sur les réseaux sociaux pouvait supplanter un accord diplomatique signé, et notant la frustration exprimée par d’autres pays face à une telle imprévisibilité de Washington.

Israël se félicite de la nouvelle condition

NPR rapporte que le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accueilli favorablement la condition posée par Trump, qualifiant l’adhésion potentielle de l’Arabie saoudite aux Accords d’Abraham d’étape historique pour la paix régionale. Le revirement faisait suite à une alarme antérieure en Israël concernant la version initiale non conditionnée de l’accord ; l’ancien ministre de la Défense et des Affaires étrangères Avigdor Liberman avait averti, selon The Times of Israel, que permettre l’enrichissement sur sol saoudien franchirait une ligne rouge et risquerait de déclencher une course régionale aux armements nucléaires.

Ce que cela signifie pour la candidature saoudienne à la Coupe du monde 2034

L’Arabie saoudite se prépare à accueillir la Coupe du monde de la FIFA en 2034, un engagement qui exige près d’une décennie de planification prévisible, de coopération internationale soutenue et d’un environnement diplomatique stable. Qu’un accord d’importance stratégique soit annoncé, renversé dans son contenu et jeté dans le doute public en l’espace d’un cycle d’information illustre précisément le type de volatilité que les détracteurs de la décision d’accorder l’accueil de 2034 avaient mis en garde pourrait compliquer la préparation du tournoi.

Une politique décidée par des posts présidentiels

Ce n’est pas un cas isolé d’imprévisibilité dans la diplomatie du Golfe. L’Arabie saoudite s’est récemment opposée à Washington concernant l’utilisation de ses bases pendant le conflit avec l’Iran, et elle doit aussi gérer une menace sécuritaire active provenant des Houthis au Yémen le long de sa frontière sud. À cette liste s’ajoute désormais un accord nucléaire dont les termes semblent avoir été réécrits par le président américain dans un seul post sur les réseaux sociaux, sans consultation du gouvernement partenaire.

La stabilité du Golfe repose toujours sur quelques individus

La question de Steven Cook — un post sur les réseaux sociaux peut‑il annuler un accord diplomatique signé ? — touche au cœur d’une inquiétude plus large pertinente pour toute organisation planifiant un engagement d’une décennie dans la région : quelle part de la stabilité du Golfe dépend aujourd’hui des décisions personnelles, et souvent imprévisibles, d’un petit nombre de dirigeants à Washington, Riyad et Tel‑Aviv, plutôt que d’accords institutionnels durables. Pour la FIFA, les fédérations nationales et les supporters qui organisent des voyages autour du tournoi 2034, cette dépendance est difficile à ignorer.

Débat plus large sur la responsabilité et le « sportswashing »

Les détracteurs de l’Arabie saoudite soutiennent depuis longtemps que ses investissements dans le sport mondial visent à projeter une image de stabilité et de fiabilité qui ne reflète pas toujours sa position diplomatique et sécuritaire réelle. Un accord nucléaire qui se défait en moins de 24 heures après sa signature, lié à une question non résolue et politiquement sensible sur la reconnaissance d’Israël, renforce cet argument. Ni la FIFA ni le gouvernement saoudien n’ont commenté publiquement la façon dont cet épisode pourrait affecter la confiance dans les engagements internationaux plus larges de l’Arabie saoudite, y compris ses préparatifs pour la Coupe du monde 2034. Pour les parties prenantes internationales qui observent la diplomatie du Golfe se dérouler en temps réel sur les réseaux sociaux, ce silence laisse une question ouverte qui devrait resurgir à l’approche du tournoi.