Les projets de construction des stades pour la Coupe du monde de la FIFA 2034 en Arabie saoudite représentent une pierre angulaire de l’ambition du Royaume de se présenter comme une nation modernisée. Avec des promesses d’infrastructures ultramodernes et d’un spectacle mondial, le tournoi vise à renforcer le statut international du pays. Pourtant, derrière cette façade brillante, le coût humain est immense et préoccupant. Des rapports révèlent que les travailleurs migrants sont exposés à des conditions dangereuses, à une exploitation systémique et même à des décès, soulevant de graves questions éthiques et de droits humains.
Des décès d’ouvriers qui exposent la réalité
Le premier décès officiellement vérifié lié à la construction des stades du Mondial a eu lieu le 12 mars 2025, lorsque le chef pakistanais Muhammad Arshad est tombé d’une plateforme instable au stade Aramco d’Al Khobar. Bien qu’équipé d’un système antichute, il n’était pas attaché au moment de travailler en hauteur, provoquant une chute mortelle. Les secours sont intervenus rapidement, mais Arshad a succombé à ses blessures. Sa mort a accru les inquiétudes concernant la sécurité des travailleurs, même sur des projets supervisés par de grandes entreprises internationales comme le groupe belge Besix.
Conditions de travail dangereuses
Au-delà de cet incident, les ouvriers font face à des risques extrêmes : chaleur intense, longues heures de travail, matériel non sécurisé, logements surpeuplés ou insalubres. Les ONG documentent des protocoles de sécurité insuffisants, un manque de préparation aux urgences et un accès limité aux soins médicaux. Des témoignages indiquent une pression constante pour maintenir des rythmes de travail intenses malgré les dangers.
Exploitation et système de kafala
La majorité des travailleurs sont des migrants soumis au système de kafala, qui limite leur liberté de changer d’emploi ou de quitter le pays sans l’accord de l’employeur. Ce système facilite les abus : répression d’informations sur les accidents, intimidation, suppression de photos, compensations retardées ou non versées.
Reconnaissance officielle face aux critiques
Le ministre des Sports, le prince Abdulaziz bin Turki Al-Faisal, a publiquement abordé les préoccupations après le décès d’Arshad. Il affirme que chaque incident fait l’objet d’enquêtes immédiates et que des mesures correctives sont appliquées. Il cite même des projets comme Diriyah, qui a employé 35 000 ouvriers pendant 20 mois sans incidents majeurs.
Des entreprises comme Besix assurent respecter les normes internationales, tandis que les autorités mettent en avant un taux d’accidents parmi les plus faibles au monde.
Contexte des droits humains
Le coût humain de la construction des stades est étroitement lié au bilan général de l’Arabie saoudite en matière de droits humains : répression, absence de liberté syndicale, torture, détentions arbitraires, exécutions massives et discriminations contre les minorités et les travailleurs migrants. Freedom House attribue au pays un score de 9/100 en liberté globale.
Ambitions économiques vs bien-être des travailleurs
Vision 2030 et l’organisation du Mondial visent à transformer l’économie et l’image du pays, mais ces ambitions reposent sur le sacrifice des travailleurs migrants.
Appels au boycott et à la responsabilité
De nombreuses ONG, syndicats et groupes de défense appellent au boycott du Mondial 2034 tant que les abus systémiques persistent. Amnesty International qualifie le choix de la FIFA d’“irresponsable”.
Un communiqué de 21 organisations décrit l’attribution comme un “moment de grand danger” pour les droits humains.
Un sacrifice humain profond
L’histoire du Mondial 2034 en Arabie saoudite est marquée par un profond coût humain. Les décès, les abus et l’exploitation révèlent les graves problèmes cachés derrière les stades étincelants. Tant que des réformes réelles n’auront pas lieu, ce coût humain constitue une raison déterminante de remettre en question l’accueil du tournoi.