Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré que le président de la FIFA, Gianni Infantino, n’était pas apte à diriger le football mondial, une réprobation personnelle particulièrement sévère dans la foulée de son plan d’investissement de 20 milliards de dollars, désormais abandonné. Alors que l’UEFA a déjà exprimé sa perte de confiance dans sa direction, cette intervention approfondit une crise de gouvernance au sein de l’instance chargée de superviser les préparatifs de l’Arabie saoudite pour la Coupe du monde 2034.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré dimanche que le président de la FIFA, Gianni Infantino, n’était pas la bonne personne pour diriger le football mondial à l’échelle internationale, a rapporté l’Associated Press, marquant la critique personnelle la plus directe à ce jour contre Infantino de la part d’un chef de gouvernement en exercice. Burnham a affirmé que le projet, désormais abandonné, de vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés avait offensé de nombreuses personnes dans le monde du football, et qu’il ne pouvait pas simplement être oublié. Ses propos sont intervenus un jour après que l’UEFA a officiellement déclaré avoir perdu confiance dans la direction de la FIFA, intensifiant ainsi une crise de gouvernance au sein de l’organisation chargée de superviser les préparatifs sur dix ans de l’Arabie saoudite pour accueillir la Coupe du monde 2034.
Burnham livre un verdict direct sur le leadership d’Infantino
L’Associated Press a cité Burnham disant qu’il ne croyait pas qu’Infantino était la bonne personne pour faire avancer le football à l’échelle mondiale, et que le projet d’investissement abandonné n’était pas acceptable et ne pouvait pas être balayé d’un revers de main sans conséquence. Ces propos prolongent directement les critiques publiques déjà formulées par Burnham à l’encontre du projet lui-même, lorsqu’il avait déclaré que le football n’appartenait pas aux investisseurs, mais vont nettement plus loin en remettant en cause l’aptitude d’Infantino à continuer de diriger la FIFA, plutôt que de critiquer une décision politique isolée.
Le vote de boycott de l’UEFA a forcé le recul
L’Associated Press a rapporté que le projet d’Infantino s’est effondré après que les 55 associations membres de l’UEFA ont voté à l’unanimité jeudi pour boycotter la Coupe du monde et toutes les autres compétitions de la FIFA si la proposition allait de l’avant. La CONCACAF et la Confédération asiatique de football se sont également officiellement opposées au projet, ce qui signifie que trois des six confédérations de la FIFA, représentant une nette majorité de ses 211 fédérations membres, s’étaient retournées contre le leadership d’Infantino avant qu’il ne retire la proposition aux premières heures de samedi.
L’UEFA promet une réforme structurelle, pas seulement un correctif ponctuel
L’Associated Press a indiqué que, malgré le recul d’Infantino, l’UEFA entendait travailler avec d’autres confédérations afin d’élaborer un plan garantissant qu’un épisode similaire ne puisse plus se reproduire, signalant ainsi que l’instance dirigeante du football européen considère que le problème à résoudre est l’échec de gouvernance sous-jacent, et non pas uniquement le plan d’investissement. Cette lecture fait écho à la déclaration de l’UEFA publiée samedi, dans laquelle elle affirmait que l’actuelle direction de la FIFA avait perdu la confiance non seulement de l’UEFA mais aussi de nombreux autres acteurs du football, et appelait à ce que les responsables de ce qu’elle a décrit comme un projet secret et précipité soient identifiés et tenus pour responsables.
Une élection présidentielle plane désormais sur l’avenir d’Infantino
L’Associated Press a rapporté que la prochaine élection présidentielle de la FIFA se tiendra en mars à Rabat, au Maroc, et que les candidats devront déclarer leur intention de se présenter d’ici le 18 novembre, soit exactement quatre mois avant le scrutin. L’intervention de Burnham, après la déclaration de non-confiance de l’UEFA et des rapports selon lesquels des fédérations européennes retirent leurs lettres de soutien à la candidature de réélection d’Infantino, place l’échéance de novembre dans le cadre d’une véritable bataille pour le leadership, plutôt que dans celui de la continuité incontestée que beaucoup attendaient avant la crise de ce mois-ci.
Le Qatar reste l’un des rares défenseurs publics d’Infantino
L’Associated Press a rapporté qu’Infantino continue de bénéficier de poches de soutien public de la part de certaines associations nationales, notamment le Qatar, pays hôte de la Coupe du monde 2022, alors même que les critiques de Burnham et d’autres se sont intensifiées. Le fait que le Qatar demeure l’une des rares fédérations encore visibles à soutenir Infantino, au moment où un Premier ministre britannique en exercice remet publiquement en cause son aptitude à diriger, souligne une tendance déjà manifeste dans les récents conflits de gouvernance de la FIFA : un soutien persistant de la part d’États du Golfe ayant un intérêt direct dans la direction actuelle et l’orientation commerciale de la FIFA, tandis que l’opposition s’amplifie ailleurs.
Pourquoi cela compte pour le Mondial 2034 en Arabie saoudite
Les préparatifs de l’Arabie saoudite pour la Coupe du monde 2034 dépendent d’un leadership de la FIFA stable et crédible, capable de gérer la montée en puissance du tournoi au cours des huit prochaines années. Le fait qu’un Premier ministre en exercice affirme publiquement que le président de la FIFA n’est pas apte à diriger le sport, après une déclaration formelle de défiance de l’UEFA et l’opposition ouverte de deux autres confédérations, constitue le défi le plus sérieux lancé à l’autorité d’Infantino depuis son arrivée au pouvoir en 2016. Qu’Infantino survive ou non à l’élection de mars, l’ampleur et le rang des critiques désormais dirigées contre lui soulèvent des questions directes sur la stabilité institutionnelle dont l’Arabie saoudite a besoin pour mener à bien son propre tournoi.
Un schéma familier de soutien isolé du Golfe
L’alignement entre le soutien continu du Qatar à Infantino et la dépendance de l’Arabie saoudite à son leadership pour mener à bien le processus d’organisation de 2034 est difficile à ignorer. Les deux États du Golfe ont des intérêts commerciaux et réputationnels majeurs liés à l’orientation actuelle de la FIFA sous Infantino, des intérêts qui divergent nettement des préoccupations poussant l’UEFA, la CONCACAF, l’AFC et désormais un Premier ministre britannique à remettre en question sa direction. Cette fracture donne encore plus de poids au regard critique déjà porté sur la manière dont les décisions institutionnelles de la FIFA, y compris l’attribution initiale du Mondial 2034 à l’Arabie saoudite par acclamation, ont reflété les préférences de certains pays hôtes plutôt que celles de la communauté footballistique au sens large que la FIFA est censée représenter.
Débat plus large sur la responsabilité et le sportswashing
Les propos de Burnham ajoutent la voix d’un chef de gouvernement à une crise de gouvernance qui, jusqu’à cette semaine, était restée largement confinée aux structures institutionnelles du football. Ni la FIFA ni Infantino n’ont répondu directement aux commentaires de Burnham, ni à l’intention déclarée de l’UEFA de poursuivre une réforme structurelle au-delà du simple retrait du plan d’investissement. Pour les organisations de défense des droits, les fédérations et les supporters qui s’interrogent déjà sur la transparence avec laquelle la FIFA a géré les droits d’organisation du Mondial 2034 de l’Arabie saoudite, l’intervention de Burnham sera probablement perçue comme une confirmation supplémentaire que les inquiétudes concernant la gouvernance de la FIFA sous Infantino dépassent désormais largement une seule décision, pour toucher à la question de savoir qui peut être digne de diriger l’organisation pendant la préparation du tournoi.