Le patron de la Coupe du monde 2034 en Arabie saoudite visé par une enquête du Congrès sur ses liens avec Trump
Credit: cityam.com

Le patron de la Coupe du monde 2034 en Arabie saoudite visé par une enquête du Congrès sur ses liens avec Trump

Un haut responsable démocrate américain a officiellement demandé au président de la FIFA, Gianni Infantino, de comparaître devant le Congrès au sujet de ce qu’il décrit comme une campagne visant à s’attirer les faveurs du président Trump, en citant le Prix de la paix de la FIFA, la location d’un bureau dans la Trump Tower et des cadeaux non déclarés. Cette demande ajoute une dimension formelle de responsabilité aux inquiétudes concernant la gouvernance de la FIFA, qui s’étendent directement aux projets de l’organisation pour l’Arabie saoudite 2034.

Le député démocrate Jamie Raskin, membre de rang du Comité judiciaire de la Chambre des représentants, a écrit au président de la FIFA, Gianni Infantino, pour lui demander de comparaître devant la commission afin d’expliquer ce que Raskin décrit comme la campagne effrontée de la FIFA pour gagner les faveurs de Donald Trump, selon City AM, citant un article publié initialement par The Athletic. La lettre exige une liste de tous les cadeaux offerts à Trump ou à ses associés, les registres des visiteurs des bureaux de la FIFA à New York et à Miami, et demande à l’organisation de préserver toutes les communications entre son personnel et l’administration Trump. Cette démarche intervient quelques jours seulement après qu’Infantino a écarté les critiques du Mondial 2026, les accusant d’être consumées par la haine, et elle ajoute une dimension parlementaire formelle aux préoccupations de gouvernance qui se projettent directement sur les plans de la FIFA pour l’organisation du tournoi 2034 par l’Arabie saoudite.

Une demande parlementaire formelle visant Infantino

City AM a rapporté que la lettre de Raskin, envoyée dimanche, faisait suite à l’organisation par la FIFA de deux grands tournois en grande partie sur le sol américain ces dernières années : la Coupe du monde de cet été et la Coupe du monde des clubs de l’an dernier, deux compétitions au cours desquelles le président Trump est apparu aux côtés d’Infantino à des moments clés de leur préparation et de leur déroulement. Le calendrier de cette demande découle directement des propos tenus lundi par Infantino, qui s’en est pris aux critiques des difficultés de visa rencontrées par les joueurs et les officiels, ainsi qu’à l’intervention supposée de Trump dans la suspension d’une sanction disciplinaire visant le joueur américain Folarin Balogun.

Ce que demande la lettre de Raskin

Selon City AM, la lettre de Raskin cible en particulier la décision de la FIFA de louer des bureaux à l’intérieur de la Trump Tower à New York, ainsi que la création du Prix de la paix de la FIFA, remis au président Trump l’année dernière. La lettre affirme que la FIFA a, selon les mots de Raskin, « inventé un prix ridiculement factice » dont Trump avait longtemps souhaité une version, et soutient que les actions de l’organisation semblent conçues pour obtenir un traitement favorable de la part de l’administration. La lettre demande également la documentation de tous les cadeaux remis à Trump ou à des personnes liées à lui, les registres des personnes ayant visité les bureaux américains de la FIFA, ainsi qu’un engagement formel à conserver les communications internes pertinentes pour l’enquête de la commission.

Le Prix de la paix et le bureau de Trump Tower sous surveillance

Le Prix de la paix et la location à Trump Tower ont tous deux attiré l’attention dans la couverture de City AM ces derniers mois, qui a suivi séparément la décision de la FIFA d’ouvrir un bureau dans l’immeuble new-yorkais emblématique de Trump et de créer un prix ensuite remis au président lui-même. La lettre de Raskin considère ces deux décisions comme des preuves centrales de son argument plus large selon lequel les choix institutionnels de la FIFA sous Infantino se sont de plus en plus alignés sur les intérêts de l’administration américaine actuelle, plutôt que de fonctionner comme l’organe de gouvernance indépendant et apolitique que ses propres statuts décrivent.

La Maison Blanche rejette l’enquête

City AM a rapporté qu’un porte-parole de la Maison Blanche a réagi à la lettre de Raskin en le ridiculisant personnellement, le décrivant comme « insignifiant » et, séparément, comme quelqu’un dont les idées relèvent de ce qu’une personne peu intelligente prendrait pour de l’esprit. Le porte-parole a attribué au leadership du président Trump le succès commercial du tournoi, disant à The Athletic que la Coupe du monde 2026 a généré des milliards de dollars de revenus, apporté un coup de pouce économique aux villes hôtes et offert ce qu’il a décrit comme une expérience sûre, sécurisée et fluide pour les supporters et les athlètes du monde entier, ajoutant qu’elle restera comme l’un des plus grands événements sportifs de l’histoire.

Une pression croissante autour d’Infantino

Une plainte auprès du CIO restée sans suite

City AM a rapporté qu’Infantino a déjà échappé cette année à une enquête formelle, après que le Comité international olympique a estimé qu’une plainte l’accusant d’avoir violé ses obligations d’impartialité politique, déposée à propos de l’intervention dans l’affaire Balogun, relevait de sa juridiction. Cette plainte précédente cherchait à déterminer si la volonté d’Infantino d’examiner personnellement une décision d’arbitrage à la demande d’un chef d’État constituait une violation des principes de neutralité de la FIFA, une question à laquelle le CIO a finalement refusé de répondre sur le fond, pour des raisons de procédure.

Des critiques venues du football lui-même

L’examen des positions d’Infantino ne vient pas seulement des responsables politiques et des organisations de défense des droits humains. City AM a rapporté que Javier Tebas, le président controversé de la Liga espagnole, a publiquement demandé pourquoi Infantino avait consacré tout un message à écarter ceux qui exercent, selon Tebas, un contrôle légitime, se demandant si un ton aussi défensif à ce moment précis ne laissait pas entendre que quelque chose se passait en coulisses. L’intervention de Tebas est notable parce qu’elle émane des propres structures de gouvernance du football, et non d’un critique extérieur, faisant écho aux préoccupations déjà soulevées par la décision du président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, de boycotter la finale de la Coupe du monde en raison de désaccords plus larges avec la FIFA.

Les limites de l’action démocrate

City AM a rapporté que Raskin ne peut pas, à ce stade, contraindre Infantino à comparaître devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, car les démocrates restent minoritaires dans l’hémicycle, même si cela pourrait changer selon l’issue des élections de mi-mandat de cette année. Pour l’instant, la lettre constitue un registre public formel d’inquiétude parlementaire plutôt qu’un instrument juridique contraignant, une distinction importante au regard de la manière dont l’affaire sera probablement présentée à mesure qu’elle se diffusera.

Pourquoi cela compte pour 2034

Le cadre de gouvernance de la FIFA repose sur une prétention de neutralité politique et d’indépendance institutionnelle vis-à-vis de tout gouvernement, un principe directement pertinent pour la manière dont l’organisation est censée superviser les préparatifs de l’accueil de l’Arabie saoudite pour le tournoi 2034. Le fait qu’un membre en exercice du Congrès américain affirme officiellement que des décisions institutionnelles récentes de la FIFA — une location de bureau, un prix spécialement créé, des communications non divulguées — auraient été conçues pour s’attirer les faveurs d’un chef d’État ajoute un poids documentaire direct à des préoccupations déjà soulevées par des experts de la gouvernance comme Mark Pieth et des responsables fédéraux comme la Norvégienne Lisa Klaveness quant à l’indépendance réelle des décisions de la FIFA, y compris l’attribution à l’Arabie saoudite, face à l’influence politique.

Un débat qui persiste

La lettre de Raskin n’accuse pas en elle-même le processus de candidature saoudienne. Mais la question de fond qu’elle soulève — savoir si la FIFA d’Infantino peut être considérée comme capable de prendre des décisions institutionnelles indépendamment de la pression politique exercée par des chefs d’État puissants — est précisément celle que les organisations de défense des droits humains et les plaignants juridiques ont déjà posée à la FIFA au sujet de la gestion de la candidature sans concurrence de l’Arabie saoudite pour 2034. Une demande de contrôle parlementaire visant exactement le même schéma de comportement dans un contexte différent rend cette inquiétude bien plus difficile à écarter pour la FIFA comme étant motivée par la haine ou la mauvaise foi, cadre que Infantino a lui-même invoqué à plusieurs reprises.

Débat sur la responsabilité

Les critiques de l’orientation récente de la FIFA soutiennent que les choix institutionnels de l’organisation servent de plus en plus les intérêts des gouvernements puissants et des personnalités avec lesquels elle travaille, plutôt que l’engagement affiché du sport en faveur de la neutralité et d’une gouvernance indépendante. Une enquête parlementaire formelle sur ce même mécanisme, arrivée quelques jours après les propres déclarations méprisantes d’Infantino à l’égard de ses critiques, donne à cet argument une base concrète et documentée qu’il n’avait pas auparavant. Ni la FIFA ni Infantino n’ont encore apporté de réponse substantielle aux demandes précises de Raskin. Pour les parties prenantes internationales, les organisations de défense des droits humains et les fédérations de football qui remettent déjà en question la transparence du processus saoudien pour 2034, ce silence, conjugué à la réponse méprisante de la Maison Blanche au nom d’Infantino, ne suffira probablement pas à clore le dossier.