La candidature de l’Arabie saoudite pour la Coupe du Monde de la FIFA 2034 a immédiatement déclenché de vives réactions internationales, en raison du lourd passif du royaume en matière de droits humains, entraînant une condamnation généralisée d’organisations mondiales. La FIFA a confirmé l’Arabie saoudite comme seul candidat et hôte le 11 décembre 2024, lors d’un Congrès extraordinaire, après un vote unanime de 203 associations membres en l’absence de concurrents.
Le processus a suscité de nombreuses critiques pour son calendrier accéléré, son absence de concurrence et son favoritisme perçu, la FIFA ayant modifié les règles pour limiter les candidatures à l’Asie/Océanie et fusionné le vote de 2034 avec celui très populaire de 2030. Cette structure a étouffé toute opposition, alimentant les accusations d’un résultat prédéterminé ignorant des préoccupations éthiques.
Condamnations des organisations de défense des droits humains
Amnesty International a qualifié la situation de « moment de grand péril » pour les droits humains, avertissant que sans réformes, l’événement renforcerait la répression, la discrimination et l’exploitation des travailleurs. Une coalition de 21 organisations, dont Human Rights Watch et ALQST, a publié une déclaration commune accusant la FIFA d’avoir ignoré les « graves risques » pesant sur les résidents, les travailleurs migrants et les supporters. HRW a mis en avant les abus généralisés du système de kafala affectant plus de 10 millions de travailleurs sans protections syndicales. Amnesty a dénoncé l’évaluation des droits humains menée par AS&H Clifford Chance comme une « façade », omettant la liberté d’expression, les discriminations anti-LGBTQ et les expulsions forcées.
Droits du travail et préoccupations des travailleurs migrants
Des groupes de travailleurs du Népal et du Kenya ont condamné la candidature, avertissant d’abus similaires à ceux observés lors du Qatar 2022. Le Business & Human Rights Resource Centre a dénoncé l’incapacité de l’Arabie saoudite à appliquer ses lois du travail, prévoyant des décès et exploitations sur plus de 11 sites de stades. Les syndicats ont réclamé des garanties obligatoires, absentes du processus de la FIFA.
Recul médiatique et libertés de la presse
La candidature a suscité de fortes inquiétudes concernant la liberté de la presse dans un environnement marqué par la répression, les détentions et l’intimidation. L’assassinat en 2018 du journaliste Jamal Khashoggi illustre les dangers extrêmes. Reporters sans frontières et Amnesty ont dénoncé l’absence de mesures pour protéger le journalisme indépendant.
Réponses politiques et gouvernementales
Des parlementaires européens et américains ont condamné l’attribution, soulignant la hausse des exécutions et les abus à la frontière yéménite. Plusieurs députés européens ont exigé un boycott de l’UE si les violations persistaient. Diverses fédérations nationales ont exprimé leur opposition ou leurs réserves.
Campagnes des fans et de la société civile
Des groupes de supporters ont lancé des appels au boycott, accusant l’opération de servir au « sportswashing ». Le hashtag #BoycottSaudi2034 a circulé largement en ligne.
Défense de la FIFA et critiques de gouvernance
La FIFA a soutenu que le processus respectait ses règles et que l’Arabie saoudite avait obtenu une évaluation élevée. Les critiques ont dénoncé un rapport biaisé, excluant les travailleurs migrants et les voix dissidentes.
Appels au boycott et réformes
HRW, Amnesty et plusieurs syndicats ont réitéré leurs appels à l’abolition du système de kafala et à la protection des droits syndicaux.
Violations documentées
Les réactions internationales révèlent de profondes inquiétudes fondées sur des violations documentées, poussant vers des appels à un boycott et une refonte des priorités de la FIFA.