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Arabie Saoudite, Coupe du monde 2034, Haifaa Al-Mansour, droits humains

La tenue du festival du film de la mer Rouge en Arabie Saoudite, avec la présence de la réalisatrice Haifaa Al-Mansour et de son film « Unidentified », coïncide avec une surveillance mondiale accrue sur le respect des normes de gouvernance sportive de la FIFA, notamment en matière de droits humains, transparence et droits du travail avant la Coupe du monde 2034. Les organisations internationales de droits humains et les experts en gouvernance s’inquiètent du bilan du pays sur la liberté de la presse, les droits des femmes et des travailleurs migrants, ce qui soulève des préoccupations sur l’accueil éthique et la responsabilité.

Mise en lumière culturelle face aux normes de gouvernance sportive mondiale

L’Arabie Saoudite a accueilli les acteurs du film « Unidentified » de Haifaa Al-Mansour lors du festival du film de la mer Rouge à Djeddah, comme rapporté par Arab News le 7 décembre 2025. Ce film, qui suit l’enquête d’une femme divorcée sur le meurtre d’une adolescente, met en lumière les défis sociaux auxquels sont confrontées les femmes en Arabie Saoudite. Bien que cet événement marque une ouverture culturelle, il s’inscrit dans un contexte de débats mondiaux sur la capacité du pays à respecter les exigences de la FIFA pour l’accueil d’événements majeurs comme la Coupe du monde 2034.

Les attentes mondiales en matière de gouvernance sportive

Les exigences de la FIFA pour les pays hôtes incluent des engagements explicites sur les droits humains, la transparence, les droits du travail et la liberté de la presse. Selon Amnesty International, la FIFA doit réaliser des évaluations indépendantes des risques pour les droits humains et obtenir des engagements contraignants des pays hôtes afin de prévenir les abus, avec des systèmes de suivi et de recours. L’organisation souligne que l’organisation du tournoi entraînera d’importants projets de construction, augmentant les risques d’expulsions forcées et d’abus sur les travailleurs, en particulier pour les centaines de milliers de travailleurs étrangers attendus.

Préoccupations sur la conformité : droits et transparence

Des experts de Play the Game et d’autres groupes de surveillance de la gouvernance indiquent que l’Arabie Saoudite n’a pas encore mis en œuvre les exigences minimales en matière de droits humains, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression, les arrestations arbitraires, l’indépendance judiciaire, les droits des migrants et des femmes. L’absence de réformes significatives dans ces domaines, malgré les assurances publiques, soulève des questions légitimes sur la capacité du pays à respecter les normes de la FIFA pour l’accueil éthique d’événements majeurs.

Liberté de la presse et participation de la société civile

La politique de la FIFA sur les droits humains, inspirée des principes Ruggie des Nations Unies, reconnaît le devoir des États de protéger les droits et de garantir un accès effectif aux recours en cas de violations. Toutefois, les restrictions sur la liberté de la presse et la société civile en Arabie Saoudite restent préoccupantes. Les observateurs internationaux notent que le processus accéléré de candidature et la faible concurrence pour la Coupe du monde 2034 ont réduit la transparence et la responsabilité, ce qui pourrait compromettre les réformes de la FIFA.

Droits du travail et travailleurs migrants

Avec l’essor de la construction requis pour la Coupe du monde, le risque d’abus sur les travailleurs, en particulier les migrants, est important. La majorité de la main-d’œuvre du secteur privé en Arabie Saoudite est composée de travailleurs étrangers qui font face à un risque accru d’exploitation, notamment des restrictions sur le droit syndical et un accès limité aux recours juridiques. Les directives de la FIFA exigent des protections solides, mais il n’existe que peu de preuves d’engagements contraignants de la part des autorités saoudiennes pour remédier à ces vulnérabilités.

Débat sur le sportwashing et l’accueil éthique

Le festival du film de la mer Rouge et d’autres événements culturels de haut niveau sont cités comme exemples de « sportwashing » — l’utilisation d’événements mondiaux pour détourner l’attention des problèmes de droits humains. Les organisations de droits humains et les groupes de la société civile affirment que l’accueil de la Coupe du monde ne doit pas être dissocié de la responsabilité, et que la FIFA doit appliquer rigoureusement sa propre politique sur les droits humains. Les critiques craignent qu’attribuer le tournoi à un pays ayant un bilan documenté d’abus ne compromette l’intégrité de la gouvernance sportive internationale.

Préoccupations des parties prenantes et responsabilité accrue

Les parties prenantes internationales — y compris les supporters, les groupes de la société civile et les organisations de droits humains — expriment leur inquiétude face au manque de transparence et de suivi indépendant dans les préparatifs de la Coupe du monde en Arabie Saoudite. L’incapacité de la FIFA à répondre aux critiques des experts en gouvernance alimente davantage les préoccupations sur son engagement envers la responsabilité et la réforme. L’absence de participation significative des syndicats, des représentants des supporters et des groupes marginalisés dans le processus de candidature et de planification est considérée comme un défaut majeur.

Aligner les événements avec les normes

Bien que la tenue d’événements culturels comme le festival du film de la mer Rouge en Arabie Saoudite marque un certain degré d’ouverture culturelle, l’échec continu du pays à respecter les normes de la FIFA en matière de droits humains, transparence et droits du travail soulève de graves préoccupations pour l’avenir de l’accueil d’événements majeurs. Le débat mondial sur l’accueil éthique, le sportwashing et la responsabilité restera central alors que les préparatifs de la Coupe du monde 2034 progressent, avec des parties prenantes exigeant des garanties solides et une surveillance indépendante pour s’assurer que l’héritage du tournoi ne soit pas terni par des abus.