Emiratos Árabes Unidos, Arabia Saudita Copa Mundial 2034: derechos, transparencia
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Émirats arabes unis, Arabie saoudite Coupe du monde 2034 : droits, transparence

Le soutien des Émirats arabes unis à la candidature de l’Arabie saoudite pour accueillir la Coupe du monde de la FIFA 2034 a intensifié l’examen mondial de la conformité aux normes de la FIFA en matière de droits humains, de transparence, de droits du travail et de liberté de la presse. Des inquiétudes persistent quant au respect de ces exigences par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, notamment en ce qui concerne la protection des travailleurs, la liberté des médias et la transparence de la gouvernance, soulevant des questions sur l’hébergement éthique et le sportwashing dans le contexte des événements sportifs majeurs.

Coupe du monde de la FIFA 2034 : la sélection de l’Arabie saoudite comme hôte

L’Arabie saoudite a été officiellement confirmée comme pays hôte de la Coupe du monde de la FIFA 2034 suite à un Congrès extraordinaire virtuel de la FIFA, la décision ayant été confirmée par le président de la FIFA, Gianni Infantino. Le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a publiquement salué cette annonce, soulignant les capacités d’infrastructure et l’expérience de l’Arabie saoudite dans l’organisation d’événements de haut niveau. Ce choix marque la deuxième fois qu’un pays du Moyen-Orient accueille le tournoi, après l’édition 2022 au Qatar.

Gouvernance sportive et réformes réglementaires aux Émirats arabes unis

Les Émirats arabes unis se sont positionnés comme une destination sportive de premier plan, adoptant des réformes réglementaires alignées sur les normes internationales. Selon une analyse de 2020, les Émirats arabes unis ont mis en place des organes de règlement des différends inspirés des modèles de la FIFA et ont adopté des lois sportives visant à favoriser la croissance sous la supervision gouvernementale. La loi fédérale n°4/2023 représente une évolution cruciale dans l’engagement des Émirats arabes unis à institutionnaliser et à professionnaliser leur secteur sportif. Ces réformes visent à renforcer la transparence et la conformité réglementaire dans l’industrie du sport.

Préoccupations relatives aux droits humains et aux droits du travail

Malgré ces réformes, des inquiétudes persistent quant aux droits humains et aux droits du travail aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite. Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains se sont vivement opposées à l’organisation de la Coupe du monde par l’Arabie saoudite sans garanties claires et exécutoires en matière de droits humains. On s’inquiète particulièrement du traitement des travailleurs migrants impliqués dans les préparatifs de l’événement et du climat général des libertés civiles, y compris les droits des femmes et des personnes LGBTQ+.

Des rapports indiquent que les abus en matière de travail sont souvent une pratique « normale » lors de la mise en œuvre d’événements sportifs majeurs, les délais serrés et la multitude de projets d’infrastructure risquant le bien-être des travailleurs. Les réglementations de la FIFA exigent la mise en œuvre de normes relatives aux droits humains et aux droits du travail, notamment la liberté d’association, l’interdiction du travail forcé, la limitation des heures de travail, le droit à un lieu de travail sécurisé, le salaire minimum et la gestion appropriée de la main-d’œuvre migrante. Toutefois, les critiques estiment que ces dispositions sont souvent insuffisamment appliquées en pratique.

Liberté de la presse et problèmes de transparence

L’environnement médiatique des Émirats arabes unis reste étroitement contrôlé, avec des rapports de censure et de restrictions sur la liberté de la presse pour les journalistes travaillant dans le pays. L’absence de débat ouvert et la liberté de la presse limitée dans les deux pays soulèvent des questions sur la transparence de la gouvernance et des pratiques liées à la préparation des événements majeurs. Des journalistes africains ont précédemment critiqué ce qu’ils ont décrit comme une « ingérence sans précédent » des responsables des Émirats arabes unis dans la couverture médiatique liée à la Coupe du monde au Qatar, mettant en lumière les risques pour l’intégrité et l’indépendance des médias.

Alignement avec les normes de la FIFA et internationales

La FIFA a établi des critères en matière de droits humains et de transparence pour les pays hôtes de la Coupe du monde, s’attendant à ce qu’ils respectent les lois internationales sur le travail et les protections de la liberté de la presse. La candidature de l’Arabie saoudite pour 2034 et le rôle des Émirats arabes unis mettent en lumière les tensions entre ces normes et les pratiques réelles de gouvernance. Les observateurs soulignent que le processus décisionnel de la FIFA, les délais accélérés et les restrictions géographiques ont effectivement réduit la concurrence, suscitant des doutes sur l’intégrité du processus de sélection des hôtes.

Débats plus larges sur la responsabilité et le sportwashing

Les parties prenantes internationales, les supporters, les groupes de la société civile et les organisations de défense des droits humains examinent les développements en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis à travers le prisme de la responsabilité et du sportwashing. L’organisation d’événements sportifs mondiaux majeurs a été instrumentalisée par des États pour améliorer leur image internationale malgré des politiques nationales problématiques. La Coupe du monde 2034 en Arabie saoudite illustre ces débats plus larges sur l’hébergement éthique et les responsabilités des organisations sportives mondiales pour garantir que les événements n’encouragent pas les abus ou l’opacité.

Réformes de la police religieuse aux Émirats arabes unis et perception internationale

Les récentes réformes aux Émirats arabes unis, telles que la révision des lois personnelles islamiques et la réduction de la puissance de la police religieuse, reflètent des efforts pour moderniser et laïciser certains aspects de la gouvernance. Ces changements visent à améliorer l’environnement législatif des Émirats arabes unis, à ancrer les principes de tolérance et à renforcer sa position comme hub privilégié pour les affaires et le tourisme internationaux. Toutefois, les critiques estiment que ces réformes peuvent être davantage symboliques que substantielles, avec des préoccupations persistantes sur l’impact réel sur les libertés civiles et la liberté des médias.

hébergement éthique et avenir des événements majeurs

Alors que la Coupe du monde de la FIFA 2034 approche, une surveillance accrue est attendue de la part de la société civile internationale, exigeant une gouvernance transparente, le plein respect des droits humains, des droits du travail et de la liberté de la presse, ainsi que des mécanismes de responsabilité intégrés dans les préparatifs de l’événement. Le soutien des Émirats arabes unis à la candidature de l’Arabie saoudite, ainsi que ses propres réformes de gouvernance sportive, soulignent l’interaction complexe entre les normes sportives mondiales, les intérêts nationaux et la responsabilité éthique dans l’organisation d’événements majeurs.