Tres confederaciones de FIFA se movilizan contra Infantino por Arabia Saudí 2034
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Trois confédérations de la FIFA s’opposent à Infantino au sujet de l’Arabie saoudite 2034

L’UEFA, la CONCACAF et la Confédération asiatique de football coordonneraient leurs efforts pour contraindre Gianni Infantino à quitter la présidence de la FIFA. Les défections internes et la vague de retraits de soutien à sa réélection le laissent plus isolé qu’à aucun autre moment de la décennie qu’il a passée à la tête de l’organisation. La crise au sein de l’instance qui supervise la Coupe du monde 2034 en Arabie saoudite ne montre aucun signe d’apaisement, même après les excuses publiques d’Infantino et l’abandon de son projet d’investissement.

Selon un article du Times de Londres repris par Reuters mardi, trois des confédérations régionales de la FIFA — l’UEFA, la CONCACAF et la Confédération asiatique de football — sont déterminées à contraindre Gianni Infantino à quitter la présidence de la FIFA en paralysant l’organisation. Cette initiative intervient après ce que Reuters a décrit comme trois jours de guerre civile sans précédent au sein de l’instance dirigeante du football mondial, déclenchée par le projet désormais abandonné d’Infantino de vendre une participation dans la Coupe du monde à des investisseurs privés. Cinq associations nationales européennes, dont la Fédération anglaise de football, ont officiellement retiré leur soutien à la candidature d’Infantino pour sa réélection lors du Congrès de la FIFA au Maroc en mars prochain, aggravant ainsi une crise au sein de l’organisation qui continue de superviser les préparatifs de l’Arabie saoudite pour accueillir la Coupe du monde 2034.

Infantino présente ses excuses alors que son emprise sur le pouvoir s’affaiblit

Reuters a rapporté qu’Infantino avait abandonné vendredi soir son projet de lever 4,2 milliards de dollars par l’intermédiaire d’une nouvelle entité chargée des droits commerciaux, FIFA Forward Enterprise. Il s’est excusé pour la manière dont cette proposition avait divisé le monde du football, une situation inédite au cours de ses dix années à la tête de l’organisation. Ces excuses marquent une rupture notable avec la posture publique habituelle d’Infantino face aux critiques, qui consiste plus souvent à écarter ses détracteurs qu’à reconnaître ses torts. Reuters a décrit comme désormais brisée la position autrefois inattaquable qu’il occupait à la tête du football mondial.

Un bilan chiffré des défections et des soutiens

Reuters a rapporté que cinq fédérations européennes, dont la Fédération anglaise de football, avaient officiellement retiré leur soutien à la réélection d’Infantino. La fédération danoise a, quant à elle, déclaré qu’elle n’avait jamais eu l’intention de le soutenir, indépendamment du différend lié au projet d’investissement. En revanche, seules cinq fédérations nationales — le Maroc, le Qatar, le Koweït, le Liban et le Sri Lanka — ont jusqu’à présent déclaré publiquement maintenir leur soutien à Infantino, qui dirige la FIFA depuis 2016 et cherche à rester en fonction jusqu’en 2031. Reuters a souligné que, même si le nombre de fédérations ayant pris publiquement position d’un côté ou de l’autre reste limité par rapport aux 211 fédérations qui voteront lors du Congrès, l’ampleur de l’opposition au niveau des confédérations a clairement fait perdre à Infantino un soutien important.

La révolte atteint les propres dirigeants de la FIFA

ESPN a rapporté que la résistance au projet d’Infantino ne se limitait pas aux fédérations extérieures. Carlos Cordeiro, conseiller principal d’Infantino, ancien associé de Goldman Sachs et ancien président de la Fédération américaine de football, a démissionné vendredi pour protester contre le projet. Il a qualifié cette proposition de mauvaise affaire pour le football et a exhorté d’autres responsables à s’y opposer publiquement. Quelques heures plus tard, le directeur des opérations de la FIFA, Kevin Lamour, un collaborateur de longue date d’Infantino à la FIFA comme à l’UEFA, a publié une déclaration affirmant que le personnel avait été trompé par le manque de transparence entourant l’élaboration du projet et qu’il s’agissait de l’initiative d’une seule personne plutôt que d’un projet porté par l’organisation dans son ensemble.

L’UEFA et la CONCACAF avaient déclaré leur défiance quelques jours plus tôt

La campagne actuelle visant à écarter Infantino s’appuie directement sur des déclarations publiées samedi par l’UEFA et la CONCACAF, dans lesquelles les deux confédérations affirmaient avoir perdu confiance dans sa direction. Quelques jours auparavant, les 55 associations membres de l’UEFA avaient voté à l’unanimité en faveur d’un boycott des compétitions de la FIFA, y compris de la Coupe du monde elle-même, si le projet d’investissement était mis en œuvre. Cette menace était suffisamment importante pour contraindre Infantino à retirer son projet. La Confédération asiatique de football a, de son côté, appelé à un examen complet de la gouvernance de la FIFA et de ses processus décisionnels.

Ce que nécessiterait réellement le départ d’Infantino

La destitution d’un président de la FIFA avant la fin de son mandat n’est pas une procédure simple au regard des statuts de l’organisation. Elle nécessiterait soit une démission, soit une procédure disciplinaire menée par les propres mécanismes éthiques de la FIFA, soit un vote officiel du Congrès. Alors que le prochain Congrès et l’élection présidentielle doivent se tenir en mars à Rabat, au Maroc, et que les candidats doivent déclarer leur intention de se présenter avant le 18 novembre, les confédérations qui coordonneraient leur opposition à Infantino pourraient chercher à garantir qu’il soit confronté à une véritable élection disputée, plutôt qu’à obtenir son départ immédiat.

Pourquoi cette situation est importante pour la Coupe du monde 2034 en Arabie saoudite

L’organisation de la Coupe du monde 2034 par l’Arabie saoudite dépend d’une direction de la FIFA capable de gérer avec stabilité et crédibilité institutionnelle un processus de préparation de huit ans. Un président en exercice confronté à l’opposition coordonnée de trois des six confédérations de la FIFA, à la démission d’un conseiller principal et aux critiques publiques de son propre directeur des opérations représente le défi le plus sérieux lancé à la direction de la FIFA depuis l’arrivée d’Infantino au pouvoir, dans le sillage du scandale de corruption de Sepp Blatter il y a dix ans. Quel qu’en soit le résultat, les événements de la semaine passée soulèvent des questions légitimes pour les fédérations, les organisations de défense des droits et les supporters concernant la stabilité de l’institution sur laquelle l’Arabie saoudite compte pour organiser son propre tournoi.

Les États du Golfe restent parmi les soutiens les plus fermes d’Infantino

La liste des fédérations qui continuent publiquement de soutenir Infantino — le Maroc, le Qatar, le Koweït, le Liban et le Sri Lanka — montre une nouvelle fois une concentration du soutien dans le Golfe et au Moyen-Orient, au moment où les fédérations européennes l’abandonnent en nombre. Cette tendance, qui correspond au soutien public précédemment apporté par le Qatar pendant le différend sur le projet d’investissement, apporte un éclairage supplémentaire aux interrogations déjà existantes sur la dépendance croissante de la stabilité institutionnelle de la FIFA sous Infantino à l’égard du soutien continu des États du Golfe. Ces États disposent d’intérêts commerciaux et liés à l’organisation de compétitions qui sont directement associés à son leadership, notamment l’Arabie saoudite et son rôle dans le tournoi de 2034.

Un débat plus large sur la responsabilité et le sportswashing

L’ampleur de l’initiative désormais en cours pour écarter Infantino — coordonnée entre trois confédérations plutôt que limitée à des critiques isolées — laisse penser que les membres de la FIFA considèrent les événements de la semaine passée comme une véritable crise institutionnelle et non comme un différend réglé. Ni la FIFA ni Infantino n’ont répondu en détail aux informations faisant état d’une campagne coordonnée visant à le destituer. Pour les organisations de défense des droits, les fédérations et les supporters qui s’interrogent depuis deux ans sur la transparence du traitement par la FIFA des droits d’accueil de l’Arabie saoudite pour la Coupe du monde 2034, la question de savoir qui dirigera la FIFA pendant ce tournoi — et comment cette personne sera parvenue à ce poste — devrait rester au cœur du débat sur la responsabilité dans le football mondial au cours des prochains mois.