Le président Donald Trump ferait campagne pour que le président de la FIFA, Gianni Infantino, devienne le prochain secrétaire général de l’ONU, soulignant la proximité nouée entre les deux hommes depuis la Coupe du monde 2026. Cette révélation ranime les critiques de longue date sur la gouvernance de la FIFA, notamment le processus restreint et sans concurrence qui a accordé l’organisation du Mondial 2034 à l’Arabie saoudite.
Le président Donald Trump souhaite que le président de la FIFA, Gianni Infantino, devienne le prochain secrétaire général des Nations unies, rapporte le New York Post, citant des sources proches de la réflexion du président, dans un récit corroboré par Fox News, Euronews, Yardbarker et The Mirror. Cette campagne, révélée quelques heures après la victoire de l’Espagne en finale de la Coupe du monde 2026, a attiré l’attention sur l’influence politique croissante d’Infantino et, avec elle, sur les questions non résolues concernant la transparence des décisions de la FIFA, y compris le processus qui a fait de l’Arabie saoudite l’unique pays hôte du tournoi 2034.
Trump fait campagne pour qu’Infantino dirige l’ONU
Selon le reportage original du New York Post, relayé par Fox News, une source proche de Donald Trump a déclaré qu’il considère Infantino comme respecté à l’échelle internationale et pense qu’il a une capacité particulière à rassembler les gens. António Guterres, l’actuel secrétaire général de l’ONU, doit quitter ses fonctions fin décembre 2026, et Fox News a indiqué qu’Infantino requerrait d’abord une recommandation du Conseil de sécurité de l’ONU, composé de 15 membres où les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume‑Uni et la France détiennent un droit de veto.
Une amitié forgée lors de la Coupe du monde 2026
Ynetnews a indiqué que Trump et Infantino se sont rapprochés durant les préparatifs et le déroulement de la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États‑Unis, le Canada et le Mexique. Infantino est apparu à plusieurs reprises aux côtés de Trump pendant le tournoi, notamment lorsqu’il lui a remis le premier Prix de la Paix de la FIFA en décembre 2025, distinction que Yahoo News a décrite comme récompensant des « actions exceptionnelles pour la paix et l’unité ».
La controverse autour de la suspension de Balogun
La relation a été fortement critiquée pendant le tournoi. Yahoo News et Euronews ont rapporté que l’attaquant américain Folarin Balogun avait écopé d’une suspension d’un match après une faute lors de la victoire en 32e contre la Bosnie‑Herzégovine, ce qui l’aurait empêché de jouer le 16e de finale contre la Belgique. La FIFA a ensuite suspendu la sanction après que Trump eut appelé Infantino pour lui demander de réexaminer la décision, geste que les deux médias ont dit avoir suscité de vives critiques dans le monde du football. Infantino a déclaré par la suite qu’il avait informé le président que l’affaire relevait des organes judiciaires indépendants de la FIFA et serait tranchée en temps voulu, principe qu’il a dit vouloir toujours respecter.
Candidats rivaux et obstacles au Conseil de sécurité
Fox News a rapporté que Paolo Zampolli, homme d’affaires italo‑américain agissant comme envoyé spécial de Trump pour les partenariats mondiaux et ami personnel d’Infantino, soutenait l’idée, arguant que les 211 associations membres de la FIFA et les 193 États membres de l’ONU posaient des défis de gestion comparables. Le même média a évoqué que Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (IAEA) d’Argentine, pourrait être un concurrent, bien qu’il puisse faire face à la résistance du Royaume‑Uni en raison du différend de longue date sur les îles Falkland/Malouines.
Fox News a aussi indiqué que Zampolli avait auparavant proposé à Infantino de remplacer l’Iran par l’Italie comme participant à la Coupe du monde, mesure présentée par le média comme visant à aider à réparer les relations entre Trump et la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Cet épisode illustre le type de lobbying politique qui entoure de plus en plus les décisions de la FIFA sur les sites d’accueil et l’éligibilité.
Appels renouvelés pour plus de transparence dans la gouvernance de la FIFA
La montée en puissance politique d’Infantino et sa disposition démontrée à intervenir personnellement dans des affaires sportives à la demande d’un chef d’État risquent de relancer l’examen des modalités par lesquelles la FIFA prend ses décisions institutionnelles majeures, y compris le processus qui a conduit à l’attribution du Mondial 2034 à l’Arabie saoudite.
La candidature saoudienne 2034 approuvée sans concurrence
La FIFA a confirmé l’Arabie saoudite comme unique candidate pour le tournoi 2034 en octobre 2023, après avoir ouvert un calendrier accéléré combinant la sélection d’hôtes pour 2030 et 2034 en une procédure unique. Selon les règles d’éligibilité en vigueur à l’époque, les candidatures pour 2034 étaient limitées aux associations membres des confédérations d’Asie et d’Océanie ; l’Australie avait envisagé une candidature avant de se retirer, ce qui a laissé l’Arabie saoudite sans opposition. La FIFA a confirmé le royaume comme hôte par acclamation lors d’un Congrès extraordinaire en décembre 2024, sans scrutin enregistré. Le président de la Fédération saoudienne de football, Yasser Al Misehal, avait alors déclaré, selon CBC, que la fédération était pleinement engagée à satisfaire toutes les exigences de la FIFA pour le droit d’organiser le tournoi.
Des fédérations et groupes de défense des droits avaient déjà objecté
Le processus a fait l’objet de critiques formelles avant même le vote. ESPN a rapporté que la Fédération norvégienne de football avait déclaré qu’elle voterait contre l’attribution par acclamation des tournois 2030 et 2034, après avoir soulevé à plusieurs reprises des préoccupations auprès de la FIFA concernant la procédure. Par ailleurs, Amnesty International et la Sport & Rights Alliance ont déclaré, dans des commentaires repris par Soccerway, que la FIFA devrait suspendre le processus d’attribution à l’Arabie saoudite à moins que des réformes substantielles en matière de droits humains ne soient annoncées au préalable. Steve Cockburn, responsable des droits du travail et du sport chez Amnesty, a averti qu’il y aurait « un coût humain réel et prévisible » à procéder sans garanties crédibles de réforme. La FIFA a répliqué à l’époque, selon Soccerway, qu’elle mettait en œuvre des processus d’appel d’offres et d’évaluation rigoureux et conformes à ceux utilisés pour les tournois précédents. Le Business and Human Rights Centre a par ailleurs indiqué que les recherches menées par le groupe saoudien de défense des droits ALQST avaient déjà documenté des abus sur deux sites prévus, Neom et Jeddah Central, avant la décision d’attribution.
Pourquoi l’ascension politique d’Infantino importe pour l’Arabie 2034
Aucun des reportages sur le lobbying auprès de l’ONU n’apporte de nouvelles allégations concernant la candidature saoudienne elle‑même. Mais ils ajoutent un contexte à un débat sur la gouvernance qui ne s’est jamais totalement éteint. Une organisation dont le président est montré en train d’intervenir dans une affaire disciplinaire en cours à la demande d’un chef d’État, et qui est désormais promu par ce même chef d’État pour l’un des postes diplomatiques les plus puissants au monde, invite à un examen plus approfondi sur le degré d’isolation des décisions institutionnelles de la FIFA, y compris les attributions de sites, face à l’influence politique au sens large. Pour des fédérations comme celle de Norvège, qui se sont déjà opposées publiquement à la façon dont l’hôte 2034 a été confirmé, les derniers reportages ne devraient guère apaiser ces inquiétudes.
Position de la FIFA et de l’Arabie saoudite
La FIFA a toujours soutenu que ses processus d’appel d’offres et d’évaluation pour 2030 et 2034 reproduisaient ceux utilisés pour les tournois antérieurs, y compris la Coupe du monde féminine 2023. Les autorités saoudiennes ont déclaré être déterminées à remplir toutes les exigences de la FIFA pour l’organisation. Ni la FIFA ni la Maison‑Blanche n’ont commenté spécifiquement comment, le cas échéant, le profil politique grandissant d’Infantino pourrait influer sur la supervision des préparatifs pour 2034. Pour les fédérations internationales, les organisations de défense des droits et les supporters voyageurs, ce silence laisse sans réponse les questions de transparence soulevées autour de l’attribution à l’Arabie alors que le tournoi avance dans sa phase de planification.