FIFA Premio Paz Trump, Mundial 2034 Arabia Saudí
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La création par la FIFA du prix de la paix attribué au président Donald Trump, sans critères ni candidats transparents, reflète son approche opaque dans le choix de l’Arabie Saoudite comme pays hôte de la Coupe du monde 2034. Ces décisions soulèvent de graves inquiétudes sur l’engagement de la FIFA envers les droits de l’homme, la transparence et la gouvernance équitable.

Le Prix de la Paix de la FIFA : une nouvelle controverse

Dans un geste qui a surpris les observateurs du sport et de la politique, le président de la FIFA Gianni Infantino a remis au président Donald Trump le tout premier prix de la paix de la FIFA lors du tirage au sort de la Coupe du monde 2026 à Washington, D.C. Ce prix, intitulé « Prix de la paix de la FIFA : le football unit le monde », a été annoncé précipitamment en novembre, quelques semaines après que Trump a été écarté du prix Nobel de la paix au profit de l’activiste vénézuélienne Maria Corina Machado. Aucun détail n’a été fourni sur le processus de sélection, et aucun autre candidat ou critère n’a été rendu public, laissant de nombreux hauts responsables de la FIFA surpris et préoccupés.

Infantino a salué Trump pour avoir « réuni les gens » et favorisé « l’espoir pour les générations futures », citant des efforts diplomatiques tels que les accords d’Abraham. Cependant, des critiques, dont FairSquare et Human Rights Watch, ont condamné la décision, estimant qu’elle compromet l’engagement affiché de la FIFA à la neutralité et aux droits de l’homme, compte tenu du bilan de Trump sur les conflits mondiaux et les politiques intérieures.

Problèmes de gouvernance et de transparence

Le manque de transparence entourant le prix de la paix de la FIFA n’est pas un cas isolé. Cette approche ressemble fortement au processus utilisé pour désigner l’Arabie Saoudite comme pays hôte de la Coupe du monde 2034, également critiqué pour son absence de processus de candidature compétitif, ouvert ou transparent. Les deux décisions ont été prises sans consultation significative du Conseil de la FIFA ou examen public, soulevant des questions sur l’adhésion de l’organisation à ses propres normes de gouvernance.

Selon The Guardian, un nouveau comité de « responsabilité sociale », dirigé par l’homme d’affaires controversé birman Zaw Zaw, est chargé de définir les procédures pour les futurs prix. Cette initiative alimente davantage le scepticisme quant à l’indépendance et l’intégrité de la FIFA, les membres et critères du comité restant confidentiels.

Préoccupations sur les droits de l’homme et les droits du travail

L’attribution du prix à Trump et le choix de l’Arabie Saoudite comme pays hôte soulignent le bilan problématique de la FIFA sur les droits de l’homme et les droits du travail. Des groupes de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont répété leurs inquiétudes concernant le traitement des travailleurs migrants, les restrictions sur la liberté d’expression et la répression des dissidents en Arabie Saoudite. Les mêmes préoccupations concernent l’administration Trump, notamment en matière de politiques migratoires et de répression des critiques.

L’incapacité de la FIFA à mener une diligence raisonnable sur les droits de l’homme avant d’attribuer le prix ou de choisir un pays hôte compromet sa crédibilité et l’expose à des accusations de sportwashing — l’utilisation d’événements sportifs majeurs pour blanchir des réputations et détourner l’attention des abus.

Liberté de la presse et responsabilité

L’absence de transparence dans les processus de prix et de sélection des pays hôtes soulève également des préoccupations sur la liberté de la presse et la responsabilité. Les journalistes et les groupes de la société civile n’ont pas pu obtenir de réponses claires de la FIFA sur les critères, le processus de sélection ou la justification de ces décisions. Ce manque d’ouverture rend difficile pour le public et les parties prenantes de tenir la FIFA responsable de ses actions.

Le directeur de FairSquare, Nick McGeehan, a déclaré à CNN Sports que l’alignement apparent d’Infantino sur l’agenda MAGA de Trump pourrait rapporter des bénéfices commerciaux à court terme mais pose des risques importants pour l’intégrité et la réputation du sport. Les critiques affirment que le rapprochement de la FIFA avec Trump et l’Arabie Saoudite pourrait compromettre sa capacité à agir comme arbitre impartial dans la gouvernance sportive mondiale.

Implications plus larges pour l’organisation d’événements majeurs

Les controverses autour du prix de la paix de la FIFA et du choix du pays hôte pour la Coupe du monde 2034 ne sont pas des incidents isolés. Elles reflètent les débats mondiaux plus larges sur la responsabilité, le sportwashing et l’hébergement éthique d’événements majeurs. Les parties prenantes internationales, les fans, les groupes de la société civile et les organisations de défense des droits de l’homme exigent de plus en plus que les organisations sportives comme la FIFA respectent des normes plus élevées de transparence, de droits de l’homme et de gouvernance équitable.

Le prix parodique présenté par le gouverneur de Californie Gavin Newsom pour moquer le « prix de la paix » de Trump a encore mis en lumière l’absurdité des actions de la FIFA et la nécessité de réformes au sein de l’organisation. La parodie de Newsom, largement partagée sur les réseaux sociaux, souligne le scepticisme du public face à l’intégrité de la FIFA et sa capacité à défendre les valeurs qu’elle prétend promouvoir.

La décision de la FIFA d’attribuer au président Trump le tout premier prix de la paix, et son choix de l’Arabie Saoudite comme pays hôte de la Coupe du monde 2034, soulèvent de graves inquiétudes sur l’engagement de la FIFA envers les droits de l’homme, la transparence et la gouvernance équitable. Ces actions compromettent la crédibilité de la FIFA et l’exposent à des accusations de sportwashing et de favoritisme politique. Alors que les parties prenantes mondiales continuent d’exiger de la responsabilité et un hébergement éthique, la FIFA doit mettre en place des processus de révision transparents et indépendants pour les prix et la sélection des pays hôtes afin de restaurer la confiance du public et préserver l’intégrité du sport.