Ejecuciones en Arabia Saudita y desafíos FIFA Mundial 2034
Credit: Harold Cunningham – FIFA/FIFA via Getty Images

Arabie Saoudite: 264 exécutions, défis droits humains FIFA 2034

L’exécution par l’Arabie saoudite de 264 ressortissants étrangers pour des infractions non violentes liées à la drogue depuis 2024 contrevient clairement aux normes internationales de gouvernance sportive en matière de droits humains, de transparence, de droits du travail et de liberté de la presse. Cette situation soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect des exigences de la FIFA pour l’hôte de la Coupe du monde 2034, impliquant également le rôle régional de soutien des Émirats arabes unis (EAU) et mettant en lumière des débats plus larges sur le sportswashing et l’éthique dans l’organisation de méga-événements sportifs.

Exécutions et violations des droits humains en Arabie saoudite

Selon un rapport de WION News, l’Arabie saoudite a exécuté 264 étrangers depuis le début de l’année 2024 pour des infractions non violentes liées à la drogue. Ce nombre élevé d’exécutions, appliquées majoritairement à des travailleurs migrants et des ressortissants étrangers, illustre l’usage rigoureux de la peine capitale dans le royaume pour des crimes liés à la drogue, même lorsqu’ils ne sont pas violents.

Cette pratique viole directement les normes internationales relatives aux droits humains, notamment celles que la FIFA impose à ses pays hôtes. La Politique des droits humains de la FIFA, adoptée en 2017, s’oppose explicitement à la peine de mort et exige que les pays hôtes respectent les droits humains, y compris le droit à la vie et des procédures judiciaires équitables. L’usage d’une telle sévérité pour des infractions non violentes est incompatible avec ces principes.

L’attribution de la Coupe du monde 2034 à l’Arabie saoudite et les préoccupations concernant la gouvernance

En décembre 2024, la FIFA a confirmé l’Arabie saoudite comme pays hôte de la Coupe du monde 2034. Cette décision fait suite à un processus de candidature controversé, dénoncé par des critiques de la FIFA et des défenseurs des droits humains pour son manque de transparence et l’absence d’une évaluation appropriée des risques en matière de droits humains.

La FIFA a limité les candidatures à l’Asie et à l’Océanie et accéléré le calendrier, ce qui aurait favorisé l’Arabie saoudite tout en excluant d’autres candidats potentiels.

Human Rights Watch a condamné cette décision, estimant qu’elle viole les engagements de la FIFA en matière de droits humains, compte tenu de la répression documentée dans le pays, y compris cette récente vague d’exécutions. Gianni Infantino, président de la FIFA, a reconnu les critiques tout en affirmant sa confiance dans la capacité du royaume à résoudre ces problèmes, promettant des améliorations sociales et plus de transparence.

L’endossement des EAU et les implications régionales

Les Émirats arabes unis, allié régional clé de l’Arabie saoudite, soutiennent publiquement la candidature du royaume, louant ses capacités en matière d’infrastructures et d’organisation d’événements.

Cependant, cet appui aligne indirectement les EAU sur les critiques liées à la gouvernance et aux droits humains qui entourent le régime saoudien, alors que des journalistes ont documenté des restrictions à la presse et des protections limitées pour les travailleurs également aux EAU.

Cette solidarité régionale soulève des questions essentielles sur l’engagement réel des EAU envers les normes de la FIFA, notamment en matière de liberté de la presse et de droits du travail deux domaines où l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont fait l’objet d’une forte surveillance internationale.

Les questions de droits du travail en Arabie saoudite et aux EAU

Les organisations de défense des droits humains, notamment Amnesty International et la Confédération syndicale internationale, ont documenté de graves abus envers les travailleurs migrants en Arabie saoudite et aux EAU : mauvaises conditions de travail, salaires retenus, restrictions à la liberté d’association.

Ces pratiques vont à l’encontre des normes de la FIFA concernant les tournois, qui requièrent des pays hôtes qu’ils garantissent des conditions de travail éthiques.

Avec la préparation d’infrastructures majeures pour la Coupe du monde y compris la construction de stades toujours sous surveillance pour des abus de main-d’œuvre les inquiétudes persistent quant à la vulnérabilité des travailleurs face à l’exploitation. La FIFA risque d’être complice si elle ne veille pas à des réformes significatives avant le tournoi.

Défis liés à la liberté de la presse et restrictions des médias

L’Arabie saoudite et les EAU présentent toutes deux des environnements restrictifs pour le journalisme indépendant et la liberté d’expression. Human Rights Watch souligne les sévères restrictions en Arabie saoudite, dont l’assassinat de Jamal Khashoggi en 2018, comme symboles de la répression étatique.

Le paysage médiatique des EAU est également contraint, la censure affectant tant les journalistes expatriés que les médias locaux.

De telles restrictions entravent la surveillance indépendante et les reportages critiques autour de grands événements sportifs, compromettant les exigences de transparence et de responsabilité de la FIFA. Cela jette un doute sur la crédibilité de toute affirmation de progrès de la part de ces pays.

Points de vue des acteurs internationaux et crise de légitimité

Le taux élevé d’exécutions, les abus envers les travailleurs et la censure médiatique remettent en question la légitimité de l’Arabie saoudite en tant qu’hôte de la Coupe du monde 2034. Les organisations de la société civile, les supporters et les groupes de défense des droits humains ont exprimé une forte opposition, dénonçant la priorité apparente accordée par la FIFA à des considérations commerciales et géopolitiques plutôt qu’à la gouvernance éthique.

Ces critiques font écho à celles émises lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar et soulignent les difficultés persistantes de la gouvernance sportive mondiale à concilier organisation de méga-événements et pratiques éthiques. La pression augmente pour que la FIFA applique une diligence raisonnable solide en matière de droits humains, incluant transparence, surveillance indépendante et mécanismes de sanction pour prévenir le sportswashing.

Lien avec les débats plus larges sur le sportswashing et la redevabilité

Le cas saoudien illustre les débats mondiaux sur le sportswashing l’utilisation d’événements sportifs prestigieux pour redorer l’image d’un pays tout en occultant de graves problèmes de gouvernance et de droits humains. Cette pratique menace l’intégrité du sport international et risque de normaliser les abus.

Les mécanismes de redevabilité au sein de la FIFA sont de plus en plus critiqués. Certains doutent de l’application réelle de sa politique de droits humains, l’accusant de n’être qu’un outil de communication. Les processus opaques d’appel d’offres, l’accélération de la sélection de l’Arabie saoudite et le rejet des préoccupations liées aux droits humains compromettent les standards mêmes que la FIFA prétend défendre.

L’exécution par l’Arabie saoudite de 264 ressortissants étrangers pour des infractions non violentes depuis 2024 révèle des contradictions profondes avec les normes de la FIFA en matière de droits humains, de travail et de transparence nécessaires pour l’organisation de la Coupe du monde. Le soutien des EAU à la candidature saoudienne, conjugué aux défis communs en matière de gouvernance et de liberté des médias, accentue les inquiétudes relatives à la conformité aux critères de la FIFA.

Ces évolutions soulignent l’urgence pour les acteurs internationaux instances sportives, société civile et supporters d’exiger l’application rigoureuse et transparente de standards éthiques pour les méga-événements sportifs. À défaut, la FIFA risque une érosion supplémentaire de sa crédibilité et la perpétuation d’abus commis sous couvert de sport mondial.