L’attribution de la Coupe du Monde 2034 à l’Arabie Saoudite, malgré les violations bien documentées des droits humains, expose les travailleurs migrants, les activistes et les supporters à l’exploitation et à la répression. Les récentes protestations d’Égypte et d’Iran contre l’étiquette « match Pride » lors de la Coupe du Monde 2026 mettent en lumière l’approche incohérente de la FIFA sur les droits humains, soulevant des questions sur le sportwashing et les normes éthiques d’hébergement.
La politique des droits humains de la FIFA sous la loupe
La politique de la FIFA en matière de droits humains exige que les pays hôtes respectent les droits fondamentaux, notamment la liberté d’expression, de réunion, la non-discrimination, ainsi que les droits du travail et la liberté de la presse. Pourtant, la candidature et la sélection de l’Arabie Saoudite ont été largement critiquées pour ne pas respecter ces critères. Amnesty International et Human Rights Watch ont mis en garde contre l’exploitation, la répression et la discrimination qui pourraient marquer la Coupe du Monde 2034.
Exploitation des travailleurs migrants et droits du travail
Le boom de la construction lié à la Coupe du Monde 2034 a déjà suscité l’inquiétude. Selon le Business and Human Rights Resource Centre, les travailleurs migrants courent de « graves risques », notamment l’exploitation, la mort et le déplacement. Human Rights Watch a souligné que la candidature de l’Arabie Saoudite n’aborde pas les abus généralisés des droits du travail, et que la FIFA viole ses propres règles en poursuivant sans diligence appropriée. L’Organisation européenne saoudienne pour les droits de l’homme (ESOHR) et d’autres groupes ont documenté des cas de racisme, de vol de salaire et de conditions de travail dangereuses.
Liberté de la presse et répression des activistes
Le bilan de l’Arabie Saoudite en matière de liberté de la presse et d’activisme est tout aussi préoccupant. Le pays est accusé de détentions arbitraires, de torture et d’emprisonnement d’activistes pour expression dissidente. Selon le communiqué conjoint de 21 organisations internationales, la confirmation de l’Arabie Saoudite comme hôte « met de nombreuses vies en danger », y compris celles des résidents et activistes qui pourraient être réprimés pendant le tournoi. Steve Cockburn, responsable des droits du travail et du sport à Amnesty International, a déclaré :
« La décision inconsidérée de la FIFA d’attribuer la Coupe du Monde 2034 à l’Arabie Saoudite sans garantir la protection des droits humains mettra de nombreuses vies en danger ».
Droits des femmes et LGBTQ+
Les lois de l’Arabie Saoudite continuent de criminaliser l’homosexualité et de restreindre les droits des femmes, rendant le pays dangereux pour les supporters et joueurs LGBTQ+. Les récentes protestations d’Égypte et d’Iran contre l’étiquette « match Pride » lors de la Coupe du Monde 2026 illustrent la sensibilité régionale aux questions LGBTQ+. Cependant, les critiques estiment que l’approche de la FIFA est purement symbolique, sans aborder les risques réels auxquels sont confrontées les communautés LGBTQ+ au Moyen-Orient.
Sportwashing et hébergement éthique
Le choix de l’Arabie Saoudite comme hôte a été qualifié de « sportwashing », une tactique utilisée par des régimes autoritaires pour améliorer leur image internationale à travers les grands événements sportifs. Les critiques affirment que la décision de la FIFA légitime le régime répressif de l’Arabie Saoudite et nuit à l’intégrité de la Coupe du Monde. Le manque de transparence dans le processus d’attribution et la minimisation des risques pour les droits humains dans les rapports d’évaluation de la FIFA ont été critiqués comme un « blanchiment » par plusieurs organisations de droits humains.
Préoccupations des parties prenantes internationales
Les parties prenantes mondiales – supporters, groupes de la société civile et organisations de droits humains – ont exprimé leur inquiétude face au choix de la FIFA. Le communiqué conjoint de 21 organisations, y compris des groupes de la diaspora saoudienne et des syndicats de travailleurs migrants, condamne la décision comme un « moment de grand danger » pour les droits humains. Des avocats internationaux ont déposé des plaintes officielles, exigeant que la FIFA garantisse le respect de ses propres règles en matière de droits humains et élabore un plan d’action transparent avec les autorités saoudiennes.
L’attribution de la Coupe du Monde 2034 à l’Arabie Saoudite, alors que les violations des droits humains persistent et que les protestations autour de gestes symboliques comme le « match Pride » s’intensifient, soulève de graves questions sur l’engagement de la FIFA envers les normes d’hébergement éthique. Les risques pour les travailleurs migrants, les activistes et les supporters sont réels, et la FIFA ne peut pas prétendre ignorer le potentiel d’exploitation et de répression. Alors que les débats mondiaux sur la responsabilité et le sportwashing se poursuivent, les parties prenantes doivent exiger des réformes complètes et une surveillance transparente pour garantir que la Coupe du Monde ne soit pas ternie par des abus de droits humains.