Les avoirs de l’Arabie Saoudite au Trésor américain ont atteint 134,4 milliards de dollars, renforçant son influence financière mondiale, alors que le pays fait face à de vives critiques sur son bilan en matière de droits de l’homme avant d’accueillir la Coupe du monde FIFA 2034. Des avocats internationaux et des organisations de défense des droits de l’homme ont officiellement contesté la décision de la FIFA, invoquant des abus généralisés et un manque de transparence, soulevant des questions urgentes sur le sportwashing, la gouvernance et les normes éthiques pour l’organisation d’événements majeurs.
FIFA 2034 : Une attribution controversée
L’Arabie Saoudite a été confirmée comme hôte de la Coupe du monde FIFA 2034 par acclamation, sans concurrents, ce qui a suscité des débats sur l’équité et la transparence du processus de sélection de la FIFA. Selon un rapport d’ESPN, une plainte formelle a été déposée auprès de la FIFA par un groupe d’avocats internationaux, dont l’ancien conseiller anti-corruption de la FIFA Mark Pieth, l’avocat suisse Stefan Wehrenberg et l’avocat britannique Rodney Dixon, qui affirment que l’organisation n’applique pas sa propre politique en matière de droits de l’homme en amont de l’événement. La plainte, soumise via le portail officiel de réclamation de la FIFA, affirme que
« des abus généralisés des droits de l’homme continuent d’être perpétrés en Arabie Saoudite, et que la FIFA n’a pris aucune mesure pour y remédier avant la Coupe du monde ».
L’influence financière de l’Arabie Saoudite
Les avoirs de l’Arabie Saoudite en obligations du Trésor américain ont atteint 134,4 milliards de dollars en octobre, selon les données officielles du Département du Trésor américain, rapportées par Arab News. Cette hausse progressive tout au long de 2025 reflète la stratégie du royaume en matière de préservation du capital, de liquidité et de diversification face à la volatilité des marchés mondiaux. Le portefeuille comprend 106,3 milliards de dollars en obligations à long terme et 28 milliards de dollars en titres à court terme, plaçant l’Arabie Saoudite au 18e rang mondial parmi les détenteurs étrangers.
Préoccupations relatives à la gouvernance et à la transparence
La progression des avoirs de l’Arabie Saoudite au Trésor américain souligne sa capacité à exercer une influence financière sur les institutions mondiales, y compris la FIFA. Les critiques estiment que cette influence financière a pu jouer un rôle dans la décision d’attribution de la Coupe du monde, posant des questions sur la transparence et la responsabilité de la FIFA. L’absence d’un processus concurrentiel a été largement critiquée, certains observateurs suggérant que la FIFA a privilégié les intérêts financiers et politiques aux standards éthiques.
Violations des droits de l’homme et des droits du travail
La plainte des avocats à la FIFA met en lumière le « bilan désastreux » de l’Arabie Saoudite en matière de droits de l’homme, notamment les violations de la liberté d’expression, les arrestations arbitraires, la détention et les mauvais traitements, ainsi que les problèmes persistants liés aux droits des travailleurs migrants et des femmes. Human Rights Watch a récemment détaillé les abus présumés contre les travailleurs migrants impliqués dans la construction des infrastructures pour la Coupe du monde 2034, reprenant les préoccupations exprimées après la Coupe du monde 2022 au Qatar. La politique de la FIFA en matière de droits de l’homme, publiée en 2017, exige que les candidats respectent les normes internationales en matière de droits de l’homme et de travail selon les principes directeurs des Nations unies. La plainte affirme toutefois que l’Arabie Saoudite n’a pas mis en œuvre de réformes significatives et que la FIFA a ignoré les offres de conseil sur la conformité aux droits de l’homme.
Liberté de la presse et sportwashing
La candidature de l’Arabie Saoudite pour la Coupe du monde est décrite comme une tentative d’utiliser le sport pour améliorer son image internationale, un phénomène connu sous le nom de sportwashing. Le programme Vision 2030 du royaume vise à moderniser la société et l’économie, mais les critiques estiment que ces efforts sont superficiels et n’abordent pas les problèmes fondamentaux liés aux droits. La plainte des avocats à la FIFA avertit que
« tout semble rester inchangé, sans changements à apporter »,
suggérant que la décision de la FIFA pourrait légitimer des régimes répressifs plutôt que de promouvoir de véritables réformes.
Obligations éthiques de la FIFA
La politique de la FIFA en matière de droits de l’homme exige que les pays hôtes respectent les normes internationales, mais la plainte affirme que l’organisation n’a pas appliqué ces obligations dans le cas de l’Arabie Saoudite. Dans une lettre à Human Rights Watch, la FIFA affirme son
« engagement inébranlable à la protection et à la promotion des droits de l’homme dans le cadre de ses activités »,
mais la plainte estime que cet engagement ne s’est pas traduit par des actions concrètes.
Débats mondiaux plus larges
La controverse entourant l’attribution de la Coupe du monde 2034 à l’Arabie Saoudite reflète les débats mondiaux plus larges sur la responsabilité, le sportwashing et l’hébergement éthique. Les parties prenantes internationales, les supporters, les groupes de la société civile et les organisations de défense des droits de l’homme s’inquiètent que les événements majeurs soient attribués à des pays ayant de mauvais antécédents en matière de gouvernance, sapant ainsi la crédibilité de la gouvernance sportive mondiale.
La hausse des avoirs de l’Arabie Saoudite au Trésor américain et l’attribution controversée de la Coupe du monde FIFA 2034 soulignent des problèmes critiques liés à la gouvernance, à la transparence et aux droits de l’homme dans l’organisation d’événements majeurs. La plainte formelle à la FIFA, soutenue par des avocats internationaux, souligne l’urgence d’une responsabilité et d’une réforme, alors que les parties prenantes mondiales continuent d’interroger les normes éthiques des organisations sportives internationales.