Interdiction de l’alcool en Arabie saoudite : Coupe du monde 2034 et droits humains
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Interdiction de l’alcool en Arabie saoudite : Coupe du monde 2034 et droits humains

La décision de l’Arabie saoudite de lever partiellement l’interdiction de l’alcool pour les diplomates et expatriés riches met en lumière des inégalités et un élitisme croissant. Ce geste suscite des critiques sur la sincérité des réformes sociales et soulève des questions quant à la conformité avec les standards internationaux pour l’organisation de la Coupe du monde 2034.

Ces dernières semaines, l’Arabie saoudite a mis en œuvre plusieurs changements sociaux salués par les observateurs internationaux et les milieux d’affaires, notamment en autorisant la consommation d’alcool pour les expatriés et diplomates aisés, une rupture exceptionnelle avec ses normes conservatrices.

Toutefois, cette réforme limitée continue de restreindre l’accès à l’alcool selon le revenu et le statut, suscitant des critiques sur le caractère inégalitaire et hypocrite de ces mesures.

Les réactions du public, en particulier sur les réseaux sociaux, sont devenues très critiques, dénonçant l’approche élitiste du régime face à la modernisation.

La nature des réformes sociales en Arabie saoudite

Le programme Vision 2030, lancé par le prince héritier Mohammed ben Salmane, vise à diversifier l’économie et à moderniser certains aspects de la société saoudienne, tout en projetant une nouvelle image au monde.

La levée partielle de l’interdiction de l’alcool pour certains groupes de haut niveau constitue l’une des étapes apparentes de la libéralisation sociale.

Pourtant, ces réformes semblent très sélectives, avantagent les riches et les puissants, tandis que les citoyens ordinaires et les expatriés à faible revenu restent soumis à des restrictions strictes.

Accès limité pour les riches

En décembre 2025, des rapports indiquent que les expatriés non-musulmans gagnant plus de 11 lakh roupies par mois peuvent désormais consommer de l’alcool — une exception pour une classe spécifique d’étrangers.

En revanche, la population musulmane générale, fidèle à des siècles de loi religieuse, continue d’être soumise à une interdiction stricte.

Cette réforme élitiste a provoqué sur les réseaux sociaux des accusations d’inégalité sociale et d’hypocrisie, dépeignant ces gestes comme une forme de « sportwashing » et de gestion d’image avant la Coupe du monde 2034, que l’Arabie saoudite ambitionne d’accueillir.

Les internautes soulignent aussi le conservatisme religieux et culturel de longue date du royaume, en contraste avec ces gestes de libéralisation très limités.

Réactions du public et des réseaux sociaux

Les plateformes de médias sociaux ont explosé de commentaires dénonçant la mesure comme hypocrite et emblématique d’un régime élitiste qui privilégie les riches.

Les utilisateurs affirment que de telles réformes ne représentent pas une transformation sociale authentique, mais plutôt une tactique de gestion d’image et de « sportwashing » à l’approche de la Coupe du monde 2034.

Les critiques mettent aussi en avant le conservatisme religieux et culturel de longue date du royaume, en contraste avec ces gestes très limités de libéralisation.

Enjeux de gouvernance et de transparence

Les réformes sélectives de l’Arabie saoudite soulèvent de sérieuses questions sur la gouvernance, la transparence et la conformité avec les standards internationaux, particulièrement en ce qui concerne les attentes pour les pays hôtes de la Coupe du monde de la FIFA.

Droits humains et justice sociale

Alors que les réformes économiques et l’ouverture au tourisme progressent, le régime maintient des contrôles stricts sur les libertés civiles, la liberté de la presse et les droits du travail.

Les organisations de droits humains critiquent l’application inégale des réformes, soulignant que la libéralisation sociale ne bénéficie qu’à une petite élite, laissant la société dans son ensemble sous restriction.

Cette libéralisation sélective peut être perçue comme une forme de « sportwashing », destinée à détourner l’attention des problèmes persistants de répression politique et de violations des droits humains.

Droits du travail et protections des travailleurs

De plus, les critiques soulignent que de nombreux travailleurs expatriés, notamment dans les secteurs de la construction et de l’hôtellerie liés aux événements internationaux comme la Coupe du monde, sont toujours confrontés à des conditions d’exploitation.

Les autorités saoudiennes reconnaissent ces problèmes mais ne parviennent pas à mettre en œuvre les réformes systémiques nécessaires pour garantir des droits du travail équitables, ce qui soulève des préoccupations quant à la conformité avec les normes de la FIFA en matière de droits du travail et de droits humains.

Liberté des médias

Les restrictions sur la liberté des médias et la liberté de la presse compliquent davantage la transparence. Les rapports indiquent que les journalistes et les groupes de la société civile sont limités dans leur capacité à critiquer les politiques gouvernementales ou à signaler les inégalités sociales.

Ce manque de transparence nuit à la responsabilité — une exigence clé des standards de la FIFA.

Conséquences pour la Coupe du monde 2034 et la gouvernance sportive mondiale

Les réformes sociales et politiques de l’Arabie saoudite se déroulent dans un contexte de surveillance accrue de la part des parties prenantes internationales et des groupes de défense des droits.

Le caractère inégal et superficiel des réformes du royaume met en lumière un décalage potentiel entre les réformes sociales du pays et les attentes imposées par les organisations sportives internationales.

Normes de la FIFA et attentes

La politique de la FIFA en matière de droits humains stipule explicitement que les pays hôtes doivent respecter les droits fondamentaux et garantir des pratiques équitables en matière de travail.

Pourtant, le cas de l’Arabie saoudite révèle un écart potentiel entre les réformes sociales du pays et les attentes imposées par les organismes sportifs internationaux.

Les questions critiques portent sur la capacité de la FIFA à examiner le contexte socio-politique global et à exiger des réformes concrètes avant d’attribuer ou de finaliser les droits d’accueil.

Risques de sportwashing et d’hébergement éthique

Ces développements soulèvent des questions sur l’éthique des grands événements utilisés comme plateformes de gestion d’image plutôt que de progrès social substantiel.

Les organisations de la société civile affirment que de telles réformes superficielles sapent la crédibilité des compétitions sportives internationales et perpétuent des tactiques de déplacement de responsabilité, souvent appelées « sportwashing », où les autorités cherchent à détourner l’attention des problèmes systémiques par le biais de réformes spectaculaires.

Risques pour les parties prenantes internationales

Les supporters, les groupes de la société civile et les organisations de défense des droits humains sont de plus en plus méfiants face aux pays aux réformes inégales ou superficielles qui obtiennent des droits d’accueil. Il existe une crainte que les normes de la FIFA soient compromises, privilégiant les sponsorings plutôt qu’un engagement authentique envers les droits et la transparence.

Les récentes réformes sociales de l’Arabie saoudite, notamment la levée partielle de l’interdiction de l’alcool pour les riches, illustrent un modèle de libéralisation sélective conçu pour projeter une image améliorée plutôt que pour promouvoir un changement social global.

Si ces mesures peuvent satisfaire certains secteurs internationaux et attirer le tourisme, elles sont loin d’atteindre les standards inclusifs et respectueux des droits humains exigés des pays hôtes de la Coupe du monde de la FIFA.

Le monde observe attentivement alors que le royaume vise à accueillir la Coupe du monde 2034, se demandant si le pays pourra répondre aux attentes mondiales en matière de bonne gouvernance, de respect des droits humains et de transparence — des critères essentiels pour une organisation responsable d’événements sportifs internationaux.

Sinon, les critiques craignent que le tournoi ne devienne un autre cas de « sportwashing », sapant la crédibilité et l’intégrité des standards internationaux du sport.