Arabia Saudita Tadawul, Copa Mundial FIFA 2034, sportwashing
Credit: Reuters

Arabie saoudite Tadawul, Coupe du monde FIFA 2034, sportwashing

L’indice Tadawul All Share de l’Arabie saoudite a terminé le 11 décembre 2025 en baisse de 0,09%, soulignant une prudence persistante des investisseurs face à des préoccupations plus larges sur la transparence, la gouvernance et l’image internationale du Royaume, hôte de la Coupe du monde FIFA 2034. La performance du marché, analysée à travers les standards mondiaux de gouvernance sportive, soulève des questions légitimes sur la conformité de l’Arabie saoudite aux exigences de la FIFA en matière de droits humains, de droits du travail et de liberté de la presse.

Signaux du marché et préoccupations de gouvernance

L’indice Tadawul All Share Index (TASI) a terminé en baisse de 0,09% le 11 décembre 2025, selon Investing.com, reflétant une tendance de volatilité et de prudence des investisseurs observée ces derniers mois. Le TASI a ainsi reculé de 11,47% par rapport à la même période l’année précédente, atteignant un creux de 19 mois, et est en baisse de 4,83% sur le dernier mois. Cette faiblesse persistante intervient malgré les efforts de l’Arabie saoudite pour diversifier son économie dans le cadre de Vision 2030 et attirer les investissements étrangers.

Le rapport de performance de juin 2025 du Saudi Standard indique que, bien que le marché ait affiché une « prudence optimiste », les baisses dans les secteurs défensifs et de la consommation soulignent une « incertitude macroéconomique persistante ». Argaam a signalé que le TASI a terminé le 1er trimestre 2025 presque stable à -0,1%, tandis que le rapport du marché de Riyadh Capital décrit le marché comme résilient malgré la volatilité mondiale.

L’analyse d’août 2025 de Semafor souligne que l’activité de trading a ralenti, que les revenus ont baissé et que les nouvelles introductions en bourse sous-performent, le marché manquant de profondeur et de dynamisme pour attirer un intérêt durable à l’échelle mondiale.

Coupe du monde FIFA 2034 et normes mondiales de gouvernance sportive

Les exigences de la FIFA pour l’organisation de grands tournois comme la Coupe du monde 2034 incluent des engagements explicites en matière de droits humains, de transparence, de droits du travail et de liberté de la presse. Les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, que la FIFA a endossés, exigent des pays hôtes la garantie de conditions de travail sûres pour les travailleurs migrants, la liberté d’expression pour les journalistes et des cadres anticorruption solides.

Cependant, la performance récente du marché saoudien, associée à son dossier de gouvernance, soulève des questions sur sa capacité à respecter ces normes. L’analyse de Semafor note que les limites structurelles du Tadawul, notamment la volatilité plafonnée et la forte concentration dans les secteurs financiers, des matières et de l’énergie, réduisent son attrait pour les investisseurs mondiaux et suggèrent un manque de diversification et de réforme significative.

La faiblesse du marché peut refléter un scepticisme plus large sur la volonté de l’Arabie saoudite d’adopter une gouvernance ouverte et transparente, des valeurs centrales dans les critères d’attribution de la FIFA.

Droits du travail et liberté de la presse

Human Rights Watch et d’autres organisations internationales ont régulièrement mis en lumière les préoccupations sur le traitement des travailleurs migrants, les restrictions de la liberté d’expression et la répression de la dissidence en Arabie saoudite. La construction des stades et des infrastructures pour la Coupe du monde FIFA 2034 nécessitera un grand nombre de travailleurs migrants, et les projets passés dans le Golfe ont été entachés d’allégations d’exploitation et de conditions de travail dangereuses.

Le rapport du Saudi Standard de juin 2025 indique que les services aux consommateurs et le développement immobilier ont dominé le volume des transactions, des secteurs fortement dépendants du travail migrant. Toutefois, il existe peu d’informations publiques sur les protections du travail ou la transparence dans ces secteurs, et les observateurs internationaux continuent d’appeler à une plus grande responsabilité.

La liberté de la presse en Arabie saoudite reste fortement restreinte, les journalistes et les militants étant poursuivis pour des reportages critiques. Les directives de la FIFA exigent des pays hôtes la garantie de la liberté de la presse pour les journalistes internationaux et locaux pendant le tournoi, mais le dossier de l’Arabie saoudite suggère des risques importants pour la couverture médiatique.

Sportwashing et organisation éthique

La faiblesse persistante du Tadawul peut être interprétée comme un signe que les marchés mondiaux sont sceptiques quant aux efforts de l’Arabie saoudite d’utiliser des événements majeurs comme la Coupe du monde FIFA 2034 pour « sportwasher » son image internationale.

L’analyse de Semafor suggère qu’en l’absence d’histoires plus fortes dans la santé, le tourisme, la logistique et la technologie, le marché manquera de profondeur pour attirer un intérêt mondial durable.

Ce scepticisme est partagé par les groupes de la société civile et les organisations de droits humains, qui affirment que l’organisation de la Coupe du monde ne devrait pas servir d’outil pour détourner l’attention des questions de gouvernance et de droits humains.

Le contraste entre les campagnes de relations publiques brillantes de l’Arabie saoudite et la faiblesse de son marché boursier expose le décalage entre le rebranding mondial du Royaume et son malaise économique intérieur. La baisse du marché n’est pas seulement une question de chiffres : c’est un baromètre de l’enthousiasme mondial en déclin pour les événements majeurs portés par des régimes autoritaires.

Débats mondiaux plus larges

Les développements sur le marché boursier saoudien et les préparatifs pour la Coupe du monde FIFA 2034 s’inscrivent dans un débat mondial plus large sur la responsabilité, le sportwashing et l’organisation éthique. Les parties prenantes internationales, les supporters, les groupes de la société civile et les organisations de droits humains exigent de plus en plus que les pays hôtes respectent de hauts standards de gouvernance, de transparence et de droits humains. La performance du Tadawul, vue à travers ce prisme, soulève des préoccupations légitimes sur la capacité de l’Arabie saoudite à répondre à ces attentes.

Alors que la Coupe du monde FIFA 2034 approche, la communauté internationale surveillera attentivement pour voir si l’Arabie saoudite peut offrir non seulement un tournoi réussi, mais aussi un héritage véritablement transformateur et éthique. Les signaux du marché suggèrent que la confiance mondiale dans cette vision reste fragile.